# Quelles sont les premières mesures simples à mettre en place pour prévenir et contrer les cyberattaques dans une PME ?
Les petites et moyennes entreprises représentent aujourd’hui une cible privilégiée pour les cybercriminels. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les grandes entreprises qui subissent le plus d’attaques, mais bien les PME, souvent moins protégées et disposant de ressources limitées en matière de sécurité informatique. En 2024, près de 37% des attaques par rançongiciel ont visé des structures de taille moyenne, un chiffre qui témoigne d’une menace croissante et persistante. Les conséquences financières peuvent être dramatiques : le coût moyen d’une cyberattaque pour une PME oscille entre 20 000 et 50 000 euros, sans compter les pertes d’exploitation, l’atteinte à la réputation et les risques juridiques liés à la fuite de données personnelles. Face à cette réalité alarmante, la mise en place de mesures de protection devient une nécessité absolue pour assurer la pérennité de votre activité.
Audit de sécurité informatique : identifier les vulnérabilités critiques de votre infrastructure PME
Avant d’investir massivement dans des solutions de cybersécurité, il est indispensable de comprendre précisément où se situent vos failles. Un audit de sécurité informatique constitue le point de départ incontournable de toute stratégie de protection efficace. Cette démarche méthodique permet d’obtenir une photographie complète de votre exposition aux risques cyber et d’identifier les priorités d’action selon le niveau de criticité des vulnérabilités détectées. Contrairement à une idée répandue, un audit n’est pas réservé aux grandes structures : des méthodologies adaptées aux PME existent et peuvent être déployées avec des budgets raisonnables. L’objectif principal consiste à évaluer l’état de santé de votre système d’information pour éviter les mauvaises surprises.
Cartographie complète du parc informatique et des points d’entrée réseau
La première étape d’un audit efficace consiste à recenser l’ensemble de vos équipements informatiques. Cette cartographie détaillée doit inclure tous les serveurs, postes de travail, périphériques mobiles, imprimantes réseau, points d’accès WiFi et équipements IoT connectés à votre infrastructure. Nombreuses sont les PME qui découvrent lors de cet exercice l’existence d’appareils oubliés ou de shadow IT – ces outils utilisés par les collaborateurs sans validation du service informatique. Chaque dispositif non recensé représente une porte d’entrée potentielle pour les attaquants. La cartographie doit également identifier tous les points d’accès au réseau, qu’ils soient physiques ou distants, y compris les connexions VPN et les accès au cloud.
Analyse des failles de sécurité avec des outils comme nessus ou OpenVAS
Une fois votre inventaire établi, l’utilisation d’outils de détection de vulnérabilités devient incontournable. Des solutions comme Nessus ou OpenVAS permettent d’automatiser le scan de vos systèmes pour identifier les failles connues exploitables par les cybercriminels. Ces plateformes analysent les versions de vos logiciels, détectent les correctifs manquants et évaluent la configuration de vos équipements selon les standards de sécurité reconnus. Le score CVSS (Common Vulnerability Scoring System) attribué à chaque vulnérabilité facilite ensuite la priorisation des actions correctives. Les PME disposent souvent de ressources limitées : concentrez-vous d’abord sur les failles critiques avec un
potentiel d’exploitation élevé. En pratique, cela signifie corriger en priorité les services exposés sur Internet, les serveurs contenant des données sensibles (comptabilité, RH, CRM) et les postes des utilisateurs ayant des droits élevés. Il est recommandé de documenter chaque vulnérabilité critique avec un plan d’action, un responsable identifié et une échéance de traitement réaliste, afin de transformer ce diagnostic technique en véritable feuille de route opérationnelle.
Évaluation des permissions d’accès et des comptes utilisateurs à privilèges élevés
Un autre volet essentiel de l’audit consiste à analyser qui a accès à quoi dans votre système d’information. Dans de nombreuses PME, les droits d’accès se sont construits au fil du temps, au gré des arrivées, des départs et des changements de poste, sans réelle gouvernance. Le résultat ? Des comptes administrateurs trop nombreux, des accès non révoqués pour d’anciens collaborateurs et des partages de dossiers beaucoup trop larges. Cette situation augmente considérablement l’impact potentiel d’un piratage de compte ou d’une erreur humaine.
Vous devez donc recenser tous les comptes à privilèges élevés (administrateurs de domaine, administrateurs de serveurs, responsables d’applications critiques, etc.) et vérifier pour chacun la légitimité de ces droits. Appliquez le principe du moindre privilège : chaque utilisateur ne doit disposer que des autorisations strictement nécessaires à l’exercice de ses missions. Profitez-en pour supprimer les comptes partagés et mettre en place une procédure de création, modification et suppression des comptes (onboarding / offboarding) systématique et tracée. À terme, cet exercice renforce non seulement votre cybersécurité, mais aussi la traçabilité de vos actions en cas d’incident.
Test de pénétration basique pour détecter les ports ouverts et services exposés
Sans aller jusqu’à un audit d’ethical hacking complet, une PME peut déjà réaliser ou faire réaliser un test de pénétration basique pour identifier les portes laissées ouvertes vers l’extérieur. Des outils comme nmap permettent, par exemple, de scanner vos adresses IP publiques afin de détecter les ports ouverts et les services exposés sur Internet. L’objectif est de comparer ces résultats avec les besoins réels de l’entreprise : avez-vous vraiment besoin de ce serveur RDP accessible depuis n’importe où, ou de cette interface d’administration de routeur accessible en clair ?
En corrigeant les incohérences (ports inutiles, services non chiffrés, consoles d’administration accessibles depuis l’extérieur), vous réduisez considérablement votre surface d’attaque. Imaginez votre entreprise comme un bâtiment : le test de pénétration consiste à vérifier que toutes les portes inutiles sont bien murées et que celles qui restent ouvertes sont solidement verrouillées. Même si ce test reste basique, il peut permettre de détecter des erreurs de configuration flagrantes, souvent exploitées par les cybercriminels dans leurs campagnes opportunistes.
Mise en place d’une politique de mots de passe robuste et d’authentification multifacteur (MFA)
Une fois vos vulnérabilités techniques identifiées, la deuxième priorité consiste à sécuriser les accès. La majorité des cyberattaques réussies sur les PME reposent encore sur le vol ou le craquage d’identifiants. C’est pourquoi la combinaison d’une politique de mots de passe robuste et de l’authentification multifacteur (MFA) fait partie des premières mesures simples à mettre en œuvre. Vous ne pouvez pas empêcher les cybercriminels de tenter de forcer votre porte, mais vous pouvez rendre cette porte infiniment plus difficile à franchir.
Déploiement de gestionnaires de mots de passe professionnels comme bitwarden ou KeePass
Demander à vos collaborateurs de mémoriser des dizaines de mots de passe longs et complexes est irréaliste. Le résultat, vous le connaissez déjà : mêmes mots de passe réutilisés partout, variantes faciles à deviner, post-it sous le clavier ou carnets de notes remplis de codes. Pour sortir de cette impasse, le déploiement d’un gestionnaire de mots de passe professionnel comme Bitwarden ou KeePass est une solution pragmatique et abordable.
Ces outils permettent de générer automatiquement des mots de passe uniques et complexes pour chaque service, de les stocker dans un coffre-fort chiffré et de les partager de manière sécurisée entre collaborateurs lorsque c’est nécessaire. Vous pouvez, par exemple, créer des coffres partagés par équipe (comptabilité, commercial, support) tout en gardant un contrôle précis sur qui a accès à quoi. En entreprise, l’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe est l’équivalent d’un coffre-fort numérique : on ne supprime pas les clés, on apprend simplement à les ranger au bon endroit.
Configuration de l’authentification à deux facteurs via microsoft authenticator ou google authenticator
Le mot de passe, même robuste, ne suffit plus. L’authentification multifacteur (MFA) ajoute une deuxième preuve d’identité lors de la connexion (code temporaire, notification mobile, clé physique), ce qui bloque la grande majorité des tentatives de piratage basées sur des identifiants volés. Pour une PME, activer la MFA sur les services critiques est probablement l’une des actions les plus efficaces et les plus rentables en cybersécurité.
Les applications comme Microsoft Authenticator ou Google Authenticator sont simples à déployer et à utiliser au quotidien. Commencez par les comptes de messagerie professionnels (Microsoft 365, Google Workspace), les accès VPN, les portails clients et les consoles d’administration. Vous pouvez ensuite étendre progressivement ce dispositif aux autres applications sensibles. Certes, vos collaborateurs devront valider une notification de plus lors de la connexion, mais cette petite étape supplémentaire constitue une barrière majeure pour un attaquant distant, même s’il a réussi à obtenir un mot de passe.
Application de règles de complexité : longueur minimale de 12 caractères et rotation périodique
Parallèlement au déploiement de la MFA et d’un gestionnaire de mots de passe, il est important de formaliser une politique de mots de passe claire et applicable. Visez une longueur minimale de 12 caractères, en privilégiant des phrases de passe faciles à retenir pour les comptes personnels (par exemple une phrase simple ponctuée de chiffres et de symboles). Pour les comptes stockés dans le gestionnaire, vous pouvez aller plus loin et générer des mots de passe aléatoires de 20, 30 caractères ou plus, sans impact sur l’utilisateur.
La rotation périodique des mots de passe doit être réfléchie : il ne s’agit plus de forcer un changement tous les 30 jours, ce qui pousse souvent à des modifications prévisibles, mais de concentrer les renouvellements sur les situations à risque (compte compromis, départ de collaborateur, changement de poste). Couplée à la MFA, une politique de mots de passe moderne repose davantage sur la robustesse initiale et la détection d’anomalies que sur des changements trop fréquents.
Intégration du protocole FIDO2 pour les accès critiques et administrateurs
Pour les accès les plus sensibles – comptes administrateurs, accès aux serveurs, systèmes financiers – l’intégration de clés de sécurité basées sur le protocole FIDO2 (comme les clés YubiKey) représente un niveau de protection supplémentaire très intéressant. Ces dispositifs physiques permettent une authentification forte sans mot de passe, ou en complément de celui-ci, et sont particulièrement résistants aux attaques de phishing ou aux interceptions de codes SMS.
Dans une PME, vous pouvez commencer par équiper le comité de direction, les administrateurs informatiques et les utilisateurs ayant accès à des données critiques. L’usage reste simple : l’utilisateur insère ou approche la clé de son appareil et, le cas échéant, confirme l’action par un contact ou un code PIN. C’est un peu l’équivalent d’un badge sécurisé pour ouvrir la porte du local serveur : même si quelqu’un connaît le code, il lui faudra aussi le badge physique pour entrer.
Sécurisation du réseau avec pare-feu professionnel et segmentation VLAN
Après les accès utilisateurs, le deuxième pilier de votre cybersécurité concerne la protection du réseau. Sans cloisonnement ni filtrage, une intrusion sur un simple poste de travail peut rapidement se propager à l’ensemble de votre système d’information. Mettre en place un pare-feu professionnel et segmenter le réseau en VLAN (réseaux locaux virtuels) fait partie des premières mesures concrètes pour limiter cette propagation latérale et contrôler finement les flux.
Configuration de pare-feu next generation comme fortinet FortiGate ou pfsense
Un pare-feu de nouvelle génération (Next Generation Firewall, ou NGFW) va bien au-delà d’une simple barrière entre Internet et votre réseau interne. Des solutions comme Fortinet FortiGate ou pfSense permettent d’inspecter le trafic en profondeur, de filtrer les applications, de détecter les intrusions et de bloquer les communications suspectes. Pour une PME, il s’agit souvent de remplacer une box Internet grand public par un équipement professionnel dédié, administré par votre équipe IT ou un prestataire.
La configuration initiale doit au minimum inclure : le blocage par défaut de tous les ports entrants non nécessaires, la mise en place de règles spécifiques pour les services publiés (site web, VPN, messagerie) et l’activation des fonctions de journalisation et d’alerte. Vous pourrez ensuite affiner progressivement les politiques de filtrage selon vos usages. Pensez à conserver une documentation claire de ces règles : en cas d’incident, elle vous fera gagner un temps précieux pour comprendre ce qui a pu se passer.
Isolation des segments réseau critiques par VLAN pour limiter la propagation latérale
La segmentation en VLAN consiste à découper logiquement votre réseau en plusieurs zones isolées les unes des autres, même si elles partagent les mêmes équipements physiques. Concrètement, vous pouvez par exemple séparer le réseau des postes utilisateurs, celui des serveurs, celui des équipements invités (WiFi visiteurs) et celui des objets connectés (caméras, imprimantes, IoT). Ainsi, si un attaquant compromet un poste utilisateur, il ne pourra pas circuler librement vers les serveurs ou les systèmes les plus sensibles.
Pour une PME, l’objectif n’est pas de construire une architecture aussi complexe que celle d’un grand groupe, mais de mettre en place un cloisonnement de base cohérent avec vos risques. Une bonne pratique consiste à isoler au minimum : les sauvegardes, les serveurs métiers, le réseau de production industrielle (si applicable) et le WiFi invité. On peut comparer la segmentation à des cloisons coupe-feu dans un bâtiment : même si un incendie se déclare dans un bureau, il ne se propage pas immédiatement à tout l’immeuble.
Mise en œuvre de règles de filtrage strictes et principe du moindre privilège réseau
Segmenter le réseau n’a de sens que si les communications entre ces segments sont rigoureusement contrôlées. Le pare-feu interne (souvent le même NGFW que pour la frontière avec Internet) doit appliquer le principe du moindre privilège réseau : par défaut, aucun flux n’est autorisé entre deux VLAN, sauf ceux explicitement nécessaires au fonctionnement de vos applications. Cela peut paraître contraignant au départ, mais cette approche rend la tâche beaucoup plus difficile pour un attaquant qui chercherait à se déplacer latéralement.
Dans la pratique, commencez par cartographier les flux nécessaires (par exemple, les postes utilisateurs doivent pouvoir joindre le serveur de fichiers et le contrôleur de domaine, mais pas directement la base de données de production). Créez ensuite des règles simples, documentées et testées, en limitant autant que possible les accès administratifs distants. Comme pour les droits utilisateurs, il est utile de réaliser un nettoyage régulier des règles de pare-feu pour supprimer celles qui ne sont plus utilisées et réduire la complexité globale.
Gestion proactive des correctifs et mises à jour de sécurité automatisées
Une grande partie des cyberattaques contre les PME exploitent des failles pour lesquelles un correctif existe déjà depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. La gestion des mises à jour n’est donc pas un luxe, mais un impératif de base. Mettre en place un processus structuré et, autant que possible, automatisé de gestion des correctifs permet de réduire drastiquement le risque d’exploitation de vulnérabilités connues.
Déploiement de solutions WSUS ou SCCM pour la gestion centralisée des patchs windows
Si votre parc informatique repose majoritairement sur des postes et serveurs Windows, des outils comme WSUS (Windows Server Update Services) ou SCCM (Microsoft Configuration Manager) permettent de centraliser la distribution des mises à jour. Au lieu de laisser chaque machine télécharger et installer les correctifs de manière autonome, vous contrôlez depuis une console unique quels correctifs sont approuvés, quand ils sont déployés et sur quelles machines.
Pour une PME, cette centralisation offre plusieurs avantages : meilleure visibilité sur le niveau de mise à jour réel du parc, réduction de la bande passante Internet et capacité à tester d’abord les correctifs sur un petit groupe pilote avant de généraliser. Vous pouvez ainsi éviter le dilemme habituel entre sécurité et stabilité : plutôt que de repousser indéfiniment les mises à jour par peur de perturber la production, vous adoptez une approche progressive et maîtrisée.
Automatisation des mises à jour critiques des systèmes d’exploitation et applications tierces
Les systèmes d’exploitation ne sont pas les seuls à devoir être mis à jour. De nombreuses attaques ciblent les navigateurs web, les lecteurs PDF, les suites bureautiques ou encore les outils de visioconférence. Il est donc essentiel d’inclure ces applications tierces dans votre stratégie de patch management. Des solutions spécialisées ou certaines plateformes RMM (Remote Monitoring and Management) utilisées par les prestataires informatiques permettent d’automatiser ces mises à jour sur l’ensemble du parc.
L’automatisation ne dispense pas du contrôle : vous devez définir des politiques claires, par exemple installer immédiatement les mises à jour de sécurité critiques et planifier les autres sur une base hebdomadaire. L’objectif reste le même : réduire autant que possible la fenêtre de temps pendant laquelle une vulnérabilité connue est exploitable dans votre environnement. C’est un peu comme fermer rapidement une fenêtre cassée : plus vous attendez, plus le risque d’intrusion augmente.
Planification des fenêtres de maintenance pour éviter les interruptions d’activité
Une des principales craintes des dirigeants de PME concerne l’impact des mises à jour sur la continuité d’activité. Pour concilier sécurité et disponibilité, il est recommandé de planifier des fenêtres de maintenance régulières, par exemple chaque semaine en dehors des heures de bureau ou le week-end. Pendant ces créneaux, les correctifs peuvent être installés, les redémarrages planifiés et certains tests de fonctionnement réalisés.
Communiquez en amont avec vos équipes sur ces périodes de maintenance, afin qu’elles puissent s’organiser en conséquence. Cette démarche permet de sortir du mode réactif (installer une mise à jour en urgence après une alerte majeure) pour adopter une approche préventive et prévisible. Là encore, l’objectif est d’inscrire la cybersécurité dans le fonctionnement normal de l’entreprise, et non comme une contrainte subie uniquement en cas de crise.
Stratégie de sauvegarde 3-2-1 et plan de reprise d’activité après incident
Aucune mesure de protection n’est infaillible. Qu’il s’agisse d’un rançongiciel, d’une erreur de manipulation ou d’un incident matériel, la capacité de votre PME à redémarrer rapidement après un incident constitue un enjeu vital. C’est tout l’objet de la stratégie de sauvegarde et du plan de reprise d’activité : accepter que l’incident puisse survenir, mais en limiter au maximum les conséquences.
Configuration de sauvegardes incrémentales quotidiennes avec veeam backup ou acronis cyber protect
Mettre en œuvre la règle du 3-2-1 (3 copies de vos données, sur 2 supports différents, dont 1 hors site) est une bonne base. Pour cela, des solutions comme Veeam Backup ou Acronis Cyber Protect permettent de configurer des sauvegardes incrémentales quotidiennes de vos serveurs et données critiques. Les sauvegardes incrémentales ne copient que les fichiers modifiés depuis la dernière sauvegarde, ce qui réduit le temps et l’espace nécessaire, tout en permettant de revenir à différentes versions en cas de besoin.
Identifiez en priorité les systèmes dont l’indisponibilité aurait le plus fort impact sur votre activité : ERP, comptabilité, CRM, fichiers de production, etc. Pour chacun, définissez un objectif de temps de récupération (RTO) et un objectif de point de récupération (RPO) réalistes : en d’autres termes, en combien de temps devez-vous pouvoir redémarrer, et quelle quantité de données êtes-vous prêts à perdre au maximum (une journée, une heure, quelques minutes) ? Ces paramètres guideront la fréquence et la profondeur de vos sauvegardes.
Stockage hors site et sauvegarde cloud chiffrée sur AWS S3 ou azure backup
Les ransomwares modernes ciblent explicitement les sauvegardes pour empêcher toute restauration et augmenter la pression financière. Pour limiter ce risque, il est essentiel de disposer au moins d’une copie de vos sauvegardes hors site, idéalement sur une plateforme cloud sécurisée et chiffrée comme AWS S3 ou Azure Backup. Ces solutions permettent d’implémenter des mécanismes d’immutabilité : pendant une durée définie, les sauvegardes ne peuvent ni être modifiées ni supprimées, même par un compte administrateur compromis.
Il est également conseillé de limiter strictement les accès aux consoles de sauvegarde et aux coffres de stockage, en activant la MFA et en utilisant des comptes dédiés. En séparant logiquement et physiquement vos sauvegardes de votre production, vous créez une véritable bouée de sauvetage en cas de catastrophe. Sans cette séparation, un attaquant ayant pris le contrôle de votre système pourrait chiffrer aussi bien vos données de production que vos copies de secours.
Tests trimestriels de restauration pour valider l’intégrité des données sauvegardées
Une sauvegarde qui ne peut pas être restaurée n’a aucune valeur. C’est pourquoi il est crucial de tester régulièrement vos procédures de restauration, au minimum sur une base trimestrielle. Choisissez des scénarios représentatifs (restauration d’un fichier individuel, d’une base de données complète, d’une machine virtuelle entière) et vérifiez non seulement que la restauration fonctionne, mais aussi qu’elle respecte vos objectifs de temps (RTO) et de point de récupération (RPO).
Documentez ces tests, les difficultés rencontrées et les ajustements à apporter. Cet exercice permet également de former vos équipes à la gestion de crise : en cas de véritable incident, elles sauront déjà quelles étapes suivre et dans quel ordre. On peut comparer ces tests à des exercices d’évacuation incendie : mieux vaut s’entraîner à l’avance plutôt que d’improviser le jour où le sinistre se produit réellement.
Sensibilisation des collaborateurs aux techniques de phishing et ingénierie sociale
Enfin, aucune stratégie de cybersécurité ne peut être efficace sans impliquer les collaborateurs. Dans les PME, la majorité des attaques réussies commencent par un email frauduleux, un lien malveillant ou un appel téléphonique trompeur. Le facteur humain reste la première ligne de défense, mais aussi le premier point de fragilité. Former et sensibiliser vos équipes aux techniques de phishing et d’ingénierie sociale est donc une mesure prioritaire, simple à initier et très rentable.
Formation pratique aux emails de spear phishing et tentatives de vishing ciblées
Plutôt que des sessions théoriques trop longues, privilégiez des formats courts, réguliers et concrets. Montrez à vos collaborateurs des exemples réels d’emails de phishing, y compris de spear phishing (hameçonnage ciblé) qui imitent un fournisseur, un client ou un dirigeant de l’entreprise. Apprenez-leur à repérer les signaux faibles : adresse d’expéditeur suspecte, ton inhabituel, fautes de grammaire, demande urgente de virement ou de changement de RIB, lien conduisant vers un site imitant votre banque ou votre messagerie.
N’oubliez pas le vishing (phishing vocal) : de plus en plus d’arnaques passent par des appels téléphoniques usurpant l’identité d’un technicien, d’un banquier ou d’un dirigeant. Expliquez clairement à vos équipes qu’aucun fournisseur sérieux ne demandera un mot de passe par téléphone, et que toute demande financière inhabituelle doit être vérifiée par un second canal (appel direct du dirigeant, validation auprès de la comptabilité, etc.). En donnant des exemples concrets adaptés à votre secteur, vous rendrez ces formations beaucoup plus parlantes.
Simulation d’attaques avec des plateformes comme KnowBe4 ou phishme
Pour ancrer les bons réflexes dans la durée, les simulations d’attaques constituent un excellent complément à la formation. Des plateformes comme KnowBe4 ou Phishme permettent d’envoyer périodiquement de faux emails de phishing à vos équipes, de mesurer le taux de clic et de proposer immédiatement un module de sensibilisation aux personnes ayant été piégées. L’objectif n’est pas de sanctionner, mais de renforcer progressivement la vigilance de chacun.
Ces simulations vous donnent également une vision chiffrée de votre exposition au risque humain : taux de clic, types de messages les plus efficaces, services les plus vulnérables. Vous pouvez ainsi adapter vos campagnes de sensibilisation, cibler les populations à risque et suivre l’évolution de votre maturité dans le temps. À terme, vos collaborateurs deviennent de véritables capteurs de sécurité, capables de détecter et de signaler en amont de nombreuses tentatives d’attaque.
Établissement d’une procédure de signalement des incidents suspects via un canal dédié
Former vos équipes à reconnaître un email suspect ne suffit pas si elles ne savent pas quoi faire lorsqu’elles en reçoivent un. Il est donc indispensable de mettre en place une procédure de signalement simple et connue de tous. Cela peut prendre la forme d’une adresse email dédiée (par exemple securite@votreentreprise.fr), d’un bouton de signalement intégré à la messagerie ou d’un canal spécifique sur votre outil de collaboration interne.
Encouragez une culture du signalement sans culpabilisation : un collaborateur qui clique par erreur sur un lien malveillant doit se sentir en sécurité pour le dire immédiatement, plutôt que de cacher son erreur par peur des conséquences. Plus l’incident est signalé tôt, plus vous avez de chances de le contenir avant qu’il ne se transforme en crise majeure. En structurant ce canal de communication, vous transformez chaque employé en allié actif de votre stratégie de cybersécurité, et non en simple maillon faible potentiel.